Robots de…

La robotique de service franchit une nouvelle étape. Après une période largement dominée par la découverte et la démonstration technologique, les organisations s’intéressent désormais davantage à l’usage réel des robots et à leur capacité à s’intégrer dans leurs activités.

Dans un entretien accordé au Matin, Marya Ayad, Directrice Générale d’Almaxyra & Company, revient sur cette évolution et sur les conditions nécessaires pour faire du robot non plus un objet technologique spectaculaire, mais un véritable outil de travail au service des organisations et de leurs utilisateurs.

1. De l’objet futuriste à l’outil opérationnel

Le regard porté sur la robotique évolue. Les entreprises ne s’intéressent plus uniquement aux capacités techniques d’un robot : elles cherchent désormais à comprendre comment celui-ci peut répondre à un besoin précis, s’intégrer à leur environnement et apporter une valeur concrète.

Accueil, orientation, information, interaction avec les visiteurs ou assistance aux équipes : la technologie prend tout son sens lorsqu’elle est associée à une mission clairement définie.

Cette évolution traduit une maturité nouvelle : le robot n’est plus envisagé uniquement pour ce qu’il représente, mais pour ce qu’il permet réellement d’accomplir.

2. Humanoïde ou robot de service : la valeur ne réside pas dans le spectaculaire

L’essor médiatique des robots humanoïdes peut parfois brouiller la perception des différentes technologies disponibles.

Les humanoïdes suscitent naturellement l’intérêt par leur apparence et leur capacité à reproduire certains comportements humains. Mais dans de nombreux environnements professionnels, ce sont aujourd’hui les robots de service qui répondent aux usages les plus immédiatement opérationnels.

Accueillir, renseigner, orienter, présenter des contenus ou interagir avec un visiteur ne nécessite pas nécessairement de reproduire la forme humaine.

Le véritable enjeu n’est donc pas de rendre le robot plus spectaculaire, mais de le rendre plus utile.

3. Intelligence artificielle et LLM : vers des interactions plus naturelles et contextualisées

L’intégration de l’intelligence artificielle fait également évoluer profondément les capacités des robots de service.

Associés notamment aux grands modèles de langage (LLM), les robots peuvent aller au-delà de scénarios conversationnels prédéfinis pour comprendre des demandes formulées plus naturellement, exploiter les informations mises à leur disposition et proposer des réponses davantage contextualisées.

Connecté aux bases de connaissances de l’organisation, le robot peut ainsi devenir progressivement une véritable interface intelligente entre l’entreprise, ses services et ses utilisateurs.

Cette évolution ouvre la voie à des interactions plus fluides et plus personnalisées, tout en renforçant les exigences liées à la qualité des données, à la sécurité et à l’intégration aux systèmes existants.

4. Un projet robotique commence par l’usage, pas par l’équipement

L’une des erreurs consiste à choisir d’abord un robot et à chercher ensuite comment l’utiliser.

Une démarche d’intégration efficace procède dans le sens inverse : identifier le besoin, définir la mission, comprendre l’environnement dans lequel le robot devra évoluer, puis sélectionner et configurer la technologie la plus adaptée.

Cette logique implique également de travailler sur la personnalisation, les contenus, l’intégration aux processus existants, la formation des équipes et l’accompagnement après le déploiement.

La réussite d’un projet robotique dépend donc moins de la présence du robot que de la pertinence du scénario d’usage construit autour de lui.

C’est précisément dans cette articulation entre besoin, technologie et usage que se situe le rôle de l’intégrateur.

5. Horizon 2030 : le robot de service comme équipement professionnel courant

À mesure que les technologies progressent et que les usages se structurent, la présence des robots pourrait devenir beaucoup plus naturelle dans les environnements professionnels.

Hôtels, établissements de santé, plateformes logistiques, établissements d’enseignement, infrastructures accueillant du public ou espaces commerciaux constituent autant d’environnements dans lesquels les robots de service peuvent progressivement trouver leur place.

À l’horizon 2030, le changement le plus significatif pourrait ainsi être moins spectaculaire qu’il n’y paraît : le robot ne serait plus nécessairement perçu comme une attraction technologique, mais comme un équipement professionnel intégré au fonctionnement quotidien de l’organisation.

L’intelligence artificielle, l’interconnexion avec les systèmes d’information et la capacité à exploiter les connaissances propres à chaque organisation devraient accélérer cette évolution.

De la démonstration à la création de valeur

La prochaine étape de la robotique de service ne se jouera donc pas uniquement sur les performances technologiques.

Elle reposera sur la capacité des organisations et des intégrateurs à identifier les bons usages, à connecter les robots à leur environnement et à mesurer la valeur réellement créée.

C’est à cette condition que les robots cesseront définitivement d’être des vitrines technologiques pour devenir de véritables outils de travail.

Pour approfondir cette vision et retrouver l’intégralité de l’entretien de Marya Ayad, Directrice Générale d’Almaxyra & Company, découvrez la publication de Le Matin.

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